Le programme d’échange Episode VIII – Les cours, les clubs et l’insatisfaction gastronomique

Vers la fin de la semaine d’orientation, les choses se précisent un peu plus pour nous. Les élèves internationaux des années précédentes nous expliquent tout ce qu’il y a à savoir pour bien survivre le semestre, comme l’importance d’assister aux cours et la possibilité de poser des questions aux profs, le climat incertain et les -25°c en hiver et où trouver des livres de cours à moins de 200$.

On nous apprend aussi que la santé aux US, c’est cher (3 249$ pour une bronchite, 41 359$ pour un accident de voiture) donc obligation d’avoir une assurance, car si tu paies pas tes soins, c’est tribunal.

L’Amérique veut ton argent, l’Amérique regarde tes informations pour savoir où tu es et l’Amérique sait ce que tu fais dans le noir.

En fonction du « major » que vous aurez choisi, vous aurez une réunion avec les responsables de ce pôle ainsi avec les autres élèves. Etant donné que j’étais en « Major » d’Espagnol, je devais me rendre à la réunion de bienvenue avec les autres « Major » en langues modernes.

C’est assez sympa d’être une française en major d’espagnol et de discuter avec des américains en major de français.  

Et discuter entre nous, il a bien fallut le faire, étant donné que des problèmes d’emploi du temps ont fait que nous attendions nos professeurs dans la mauvaise salle, dans le mauvais bâtiment.

Après moult pérégrinations, notre groupe arrive finalement à trouver la salle de réunion, où nous attendaient limonade, fruits, et cookies. Chacun d’entre nous s’est séparé par major pour assister au discours profondément inspirant de nos professeurs sur le bien d’apprendre une autre langue.

Et c’est par ça que se conclut la semaine d’orientation.

Les cours peuvent commencer.

C’est pas trop tôt, tu commençais à te demander si t’étais pas partie en vacances sans le savoir.

La première complication arrive quand tu te retrouves à devoir te diriger seule sur le campus. Malgré les jeux de pistes et différentes visites guidées, se souvenir du chemin entre ta chambre et ta salle de cours le premier jour peut s’avérer compliqué.

C’est après t’être perdu 3 fois dans la forêt que tu arrives enfin dans ta salle de cours, bizarrement à l’heure. Tu te rends vite compte de la différence d’ambiance avec la France quand les profs commencent à te raconter leur vie et à faire des blagues.

Enfin, ceux que tu comprends, parce-que déjà que l’anglais n’est pas toujours simple, avoir un prof avec un fort accent coréen ne fait rien pour aider ta compréhension.

Heureusement que le premier cours du semestre n’est jamais très compliqué.

Le prof distribue le « syllabus », genre de programme du semestre avec indiqué à l’intérieur le système de notation, les dates de rendu de devoir et les règles vis-à-vis du plagiat.

Parce-que ça déconne pas avec le plagiat là-bas, tu peux être viré pour avoir paraphrasé Wikipedia !

Quant au système de notation, n’en parlons pas, il a beau être expliqué, il est complètement incompréhensible. Un exam qui compte pour 20% de la note finale ? Ça se calcule comment cette merde ? Personne ne sait !

Mais c’est pas grave vu que la moitié des contrôles que tu passes sont des QCM.

Bon, mis à part son côté extrêmement stressant, le syllabus est particulièrement pratique. Non seulement tu sais tout sur le fonctionnement du cours, mais il te permet aussi de t’organiser vis-à-vis des travaux à rendre.

Ça permet de savoir quand tu peux passer 7h sur les Sims sans aucun remords, et ça c’est bien !

Surtout qu’il y a largement le temps pour, avec seulement 4 cours différents par semaines.

Même si tu as des devoirs à rendre pour dans deux jours, deux papiers à finir et un quizz à réviser, c’est quand même sympa d’être en week-end le vendredi à 11 :20.

En parlant de Week-end à 11 :20, quelques jours après le début des cours à lieu le « Organization Fair », genre de forum des associations mené par les étudiant pour promouvoir leur club ou organisation.

On y trouve de l’organisation religieuse (BEAUCOUP), des fraternités d’excellence avec plein de lettre grecques (Les américains ont une étrange fascination pour le Grec), des associations sportives, des chorales, de quoi réjouir tout le monde en somme.

Comme vous vous en doutez, étant une personne très sportive et sociable, je décide de m’inscrire… au club d’animé et à celui de jeux-vidéo.

Autant vous dire que mes jeudis et vendredi soir sont entièrement dédiés à la socialisation.

Incroyable !

Les américains étant très accueillants et très collants, ils vont rapidement t’accepter dans leurs clubs. Surtout si tu leur bottes le cul à sm4sh, que tu passes ton temps à venir au club habillée en Salamèche (Parce-que porter le costume seulement pour Halloween, c’est pas drôle), à saluer tout le monde d’un grand « HI ! » en prenant la voix de Kirby (quoique c’est aussi un moyen de te faire des ennemis aussi), et à faire des monologues sur le pourquoi du comment de ta haine pour Capcom.

Forcer les gens du club d’animé à regarder Lucille, amour et Rock’n’Roll et les inciter à regarde Code Lyoko en VF marche bien aussi.

Tout ça pour vous dire que les clubs, c’est le bien, même si c’est étrange de voir autant de geeks regroupés dans une même pièce.  Mais bon, je vais pas m’en plaindre, j’aurai jamais croisé autant de gens en Streetpass.

Autant vous dire que c’est la tristesse que ce genre de club existe pas en France. Parce-que niveau Streetpass, c’est un no man’s land.

Mis à part les cours et les potos geek, y a la vie normale. Tu passes trois quarts de ton temps à être le cliché de la française râleuse qui se plaint de la bouffe. D’abord les trucs pas trop dégueux pour lesquels les Américains ont une étrange passion : le beurre de cacahuète, le bacon, les gaufres, les pancakes et les gâteaux sans goût avec 1cm de glaçage bourré de sucre dessus.

Ce genre de truc est mangeable voir bon, ce qui est plus difficile à accepter, c’est qu’ils mettent du beurre de cacahuète dans leur Chili Con Carne.

J’aime le beurre de cacahuète, mais faut arrêter de rigoler des genoux deux minutes.

Et après y a les trucs absolument dégueulasses dont ils raffolent et pour lesquels tu n’éprouves que de la haine, comme la root beer, le pumpkin pie, ou les chips au cappuccino.

Les chips au CAPPUCCINO, oui.

Autant les Pringles goût pizza ou les Oreos au beurre de cacahuète sont pas mauvais, autant le mec qui a un jour décidé de créer les chips aux cappuccino mérite la prison à vie.

Mis à part la bouffe un peu… spéciale, tu as aussi le droit à une météo… spéciale…

Prenons un exemple :

  • 1 Novembre : 20°c
  • 2 Novembre : -6°c

Voilà voilà. Si en plus tu es dans la résidence la moins bien isolée, tu vas te peler ta mère dans ta chambre. Mais c’est pas grave, tu peux toujours te protéger avec tes chaussettes zèbres et ton costume de Salamèche.

Ce semestre va être court et en même temps très long.

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